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La nécessité de la posture plurielle

Posté par Kaleido’Scop • Octobre 2012

La complexité des points de vue, qui varient selon les intérêts, pratiques et valeurs, s’exerce et se donne à voir dans l’espace démocratique de la concertation citoyenne. Sans une démarche qui permette à chaque acteur de se décentrer, cette concertation risque pourtant d’en rester à une seule intention. Lorsqu’il s’agit « d’entrer en concertation », il faut trouver la juste posture qui permettra de créer les conditions d’un dialogue de type interculturel entre espace public, espace citoyen, institution et habitant. À cela s’ajoutent une exigence d’efficacité et de pragmatisme et, de fait, la nécessité de trouver les justes postures, une posture plurielle.

Être tiers facilitateur. Cette posture semble pour l’instant la plus juste, quand il s’agit par exemple de faire travailler ensemble des citoyens très engagés sur leur quartier, des élus et des techniciens. Une posture qui a évolué en cours de démarche afin d’être considéré comme « média » de la parole exprimée, mais pas médiateur gérant une conflictualité/dualité. Le tiers facilitateur est extérieur, neutre mais impliqué. Il s’adresse à un groupe, détenteur d’un savoir à partager. Il est aussi « l’équlisateur » qui essaye de mettre tout le monde au même niveau ajusté de connaissance et d’expression.

Être stimulateur de pensée créative pour que l’expertise (citoyenne, politique ou technicienne) ne prenne pas le pas sur les utopies et idéaux. La parole peut être stimulée à différents moments, dans différents espaces, de manière formelle ou informelle. La créativité appelant la créativité, il s’agit aussi de multiplier les dispositifs en changeant les dispositions de l’espace, en utilisant l’image, le photo langage… Oser le créativité est un point de départ pour faire émerger une intelligence collective et, à terme, être productifs, ensemble.

Être porte-parole pour que chaque parole exprimée soit représentée. Tel un « homme – ou une femme – mirco », l’animateur/facilitateur collecte ce qui se dit dans l’espace défini mais aussi dans les interstices, les moments où le citoyen « déborde du cadre » de la démarche. Comment faire alors pour prendre en compte cette pluralité de paroles qui s’expriment officiellement, officieusement, publiquement ou de manière plus confidentielle ? Quand le facilitateur devient le rapporteur, il/elle se pose la question de l’exhaustivité de la parole à rendre en compte.

Pour être juste, il faudra donc être autoévaluateur du processus engagé avec l’institution qui concerte, revendiquer une culture du doute et de l’autocritique mutuelle, qui permet de jeter un œil sur ce que nos postures produisent, sur les rapports qui en ressortent, sur nos subjectivités. C’est aussi ce qui permet de vérifier que les personnes concertées restent acteurs et actifs, qu’ils se sont emparés d’une parole qu’ils nous ont donnée et qu’il faut leur rendre.

Article coécrit par Sylvain Abrial, Myriam Poitau, Clément Dupuis, Yann Crespel, Paul Hallé de Kaleido’Scop et publié dans M3 - Société urbaine et action publique - Pour penser les mutations - N°2 - Printemps/Été 2012

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